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Fiche

Test de No More Heroes  - Version import
"Râââââh, lovely !" - par Le Glode le 23/04/08

En tant que gros client de l'univers déjanté de Suda 51 et des productions Grasshopper, cela faisait un moment que j'attendais de pouvoir pointer ma Wiimote sur No More Heroes, mais certainement pas sur la version européenne et injustement censurée du jeu. C'est donc le test de la version US que je vous propose aujourd'hui, avec tout ce que cela implique d'hémoglobine, de dialogues triviaux et de petits passages grivoix. Fuck head !



Travis Touchdown. Avec un nom qui transpire autant la grande classe, on est forcément destiné à accomplir de grandes choses. L'ambition du personnage principal de No More Heroes, c'est d'être le numéro 1 des tueurs de Santa Destroy. Ca lui prend le jour où cet otaku fini remporte une enchère sur un sabre laser via un site internet. L'aventure débute alors que Travis vient d'occire le 11e au classement, rencardé sur son compte par la belle Sylvia Cristel. Cette dernière, agent de l'UAA (United Assassins Association), promet à notre héros monts, merveilles et rapports de type sexuel s'il parvient à se hisser à la première place. Il va donc falloir se défaire des 10 plus grands tueurs de Santa Destroy, personnalités dérangées, atypiques, et surtout complètement chtarbées. On la sent bien la patte Suda 51 dans ce scénario débile, à des millénaires du très torturé Killer 7, mais ô combien accrocheur.

Strawberry on the Shortcake


Toi, tu vas prendre...
Mais il n'y a pas que l'histoire de No More Heroes pour nous rappeler que son créateur est un véritable extra-terrestre. Graphiquement, déjà, il est impossible de ne pas faire le rapprochement entre ce titre et Killer 7. On retrouve ce cel-shading brut de décoffrage, cette utilisation des contrastes hallucinée, une pauvreté assumée des décors qui ne fait que souligner la richesse des personnages.
Dans le gameplay aussi. Grasshopper prend à contrepied l'essentiel des productions Wii actuelles, où l'on utilise le détecteur de mouvement de la wiimote pour l'utiliser, sans aucun souci d'ergonomie ni aucune logique. Dans No More Heroes, l'équilibre est parfait entre mouvement à effectuer et gameplay « à l'ancienne ». Les combats contre les sbires de base, par exemple, sont tout simplement jouissifs par la variété de possibilités qu'ils offrent : subtilité des gardes et esquives, bourrinisme des combos et extrême violence des finish par prises de catch ou coups de sabre destructeurs, on décime des hordes de vilains à tour de bras, on en décapite parfois plusieurs à la fois, et c'est tellement bon... Sans parler du génialissime système de loterie, qui se déclenche après chaque finish et permet parfois d'entrer dans l'un des cinq états de furie dévastatrice, donnant lieu à des débauches d'effets kitchs et de jets d'hectolitres d'hémoglobine.

Blueberry Cheese Brownie


La belle Holly Summers va finir en piteux état.
Les duels contre les tueurs classés sont également à inscrire dans les annales. Techniques, nerveux, ces combats offrent leur dose de challenge et il faudra parfois s'y reprendre à plusieurs fois avant de trouver la faille dans la défense de l'adversaire. Outre le fait de gagner une place dans le classement UAA à l'issue de ces combats, on est récompensé par une cinématique souvent bien gore, un bonus augmentant la taille de la jauge de vie, et surtout une importante somme d'argent.
Les moyens ne manquent pas pour dépenser cet argent durement gagné. Il faut déjà savoir que dans Santa Destroy, on paye pour avoir le droit d'affronter un tueur, et la somme à débourser augmente au fur et à mesure que l'on se rapproche du sommet. Comme il est également possible d'acheter vêtements, séances d'entrainement, sabres lasers ou encore cassettes vidéos de matches de Catch (servant à apprendre de nouvelles souplesses), on ne tarde pas à devoir gagner sa croute pour pouvoir avancer, en exerçant des petits boulots minables ou en acceptant des contrats d'assassin peu reluisants. Ainsi, lâché dans une ville totalement ouverte, mais désespérément vide, on va de boutiques en salles de sport et agences d'intérim, se déplaçant à l'aide d'un monstre de puissance : la moto de Travis.

Cranberry Chocolate Sundae


La grande classe !
C'est lors de ces phases ouvertes dans la ville de Santa Destroy que No More Heroes montre ses énormes faiblesses techniques. Comme dit précédemment, la cité est quasiment déserte, mis à part quelques piétons et bagnoles, mais cela n'empêche pas le framerate d'être ridiculement bas. Le clipping, omniprésent, l'apparition soudaine de certaines textures, pas bien jolies par ailleurs, et les nombreux bugs de collision entachent sévèrement la qualité globale du titre. Il est vraiment dommage que l'équipe de Grasshopper n'ait pas accordé plus d'importance à la réalisation technique d'une ville dans laquelle on passe quand même un bon tiers de l'aventure, si ce n'est pas plus. Cela dit, même cette tare, pourtant majeure, est bien vite oubliée tant on a hâte de découvrir les tueurs classés, tant on se régale à réduire en charpie des nuées de leurs sbires, tant on se marre devant le ridicule de certaines scènes cinématiques et le côté looser chevaleresque de Travis, tant No More Heroes est un excellent jeu, l'un des meilleurs sur Wii, tout simplement.



Points fortsPoints faibles
  • La Grasshopper's Touch
  • Des combats épiques
  • Travis Touchdown, la classe personnifiée
  • Très faible techniquement

Contemporain

Wii Remote  Nunchuk 

16+  Violence

Graphisme : 7/10 - Techniquement, No More Heroes est complètement à la ramasse. Artistiquement, c'est l'une des plus belles choses qui soient arrivées à la Wii.

Son : 9/10 - Que du bon, entre musiques d'excellentes factures, effets sonores et bruitages déjantés et voice acting de qualité.

Gameplay : 9/10 - A part quelques soucis de caméra qui viennent gêner des combats jouissifs et nerveux, rien à signaler.

Durée de vie : 7/10 - Entre dix et vingt heures pour finir le titre, et quelques heures de plus pour débloquer toutes les techniques, vêtements, souplesses...

Multijoueurs : 1/10 - Non

Verdict !

17

Touchdown !

No More Heroes est un grand jeu, une véritable bouffée d'air frais parmi la pléthore de jeux d'éditeurs tiers neu-neux qui sévissent d'habitude sur Wii. Bien qu'entaché de gros défauts techniques, il constitue une expérience unique et un titre à ne louper sous aucun prétexte. Néanmoins, la version européenne étant amputée d'une grosse partie de l'esprit foncièrement mature du jeu, je ne pourrais que conseiller à ceux qui en ont la possibilité de se procurer la version US du titre.

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