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Fiche

No More Heroes
Preview - par exodere le 17/01/08

Atari a fait venir Goishi Suda à Paris pour une présentation de son tout nouveau soft : No More Heroes. Amateur de jeux déjantés, attendez vous à bondir sur ce qui s’annonce comme le soft le plus fou de ce début d’année.

Le marché du jeu vidéo est ainsi fait que les titres qui cartonnent se passent uniquement dans des bagnoles, des stades de foot ou pendant la Seconde Guerre Mondiale. Alors quand Atari cherche à créer le buzz autour d’un No More Heroes qui détonne, on a nous aussi envie de faire du bruit pour que le soft ne passe pas inaperçu alors qu’on n’y a même pas encore joué. Voilà ce que c’est de militer pour la fraîcheur vidéoludique.



Kill Bills

No More Heroes est le dernier jeu développé par Goishi Suda (aka Suda 51) et son studio Grasshopper Manufacture. Lui et son équipe avaient déjà marqué les esprits avec le singulier Killer 7, sorti en 2005 sur GameCube et PS2. Le cell shading très stylisé et le scénario bourré de références cinématographiques ont fait de ce jeu une œuvre incontournable pour certains. En contrepartie, une compréhension pas toujours évidente et un gameplay perfectible ont rebuté le grand public, rendant Killer 7 d’autant plus culte pour les initiés. Avec No More Heroes, Suda rempile aussi bien pour le cell shading que pour le côté « références à gogo ». Laissez moi vous raconter cette première démo.

        

Tout d’abord, un petit recadrage s’impose pour ceux qui découvrent totalement le soft.  On incarne Travis Touchdown, un jeune homme à double face, totalement otaku d’un côté avec un appart rempli de statuettes, posters et autres objets de culte, et totalement sanguinaire de l’autre, n’hésitant pas à tuer des dizaines et des dizaines de personnes avec ses techniques de catch et son sabre laser fraîchement acquis. C’est dans une vente aux enchères sur le net qu’il s’est dégoté cette arme surpuissante qui l’a irrémédiablement engagé dans la lutte sans fin qui oppose les assassins de Santa Destroy, la ville de Californie ou réside notre larron. Répondant aux sollicitations fourbes de la belle Sylvia Christel, Travis se retrouve très vite forcé de combattre pour assurer son rang au sein de la hiérarchie, débutant au 11ème rang du classement des assassins. Les dix qui le précèdent dans le classement sont autant de missions / niveaux et de boss qu’il faudra vaincre. Mais les missions ne s’enchaînent pas automatiquement. Il va falloir que Travis gagne un peu sa vie en « travaillant » dans Santa Destroy pour pouvoir se payer ses missions.

8 bits et Wii beat

Comme nous l’a montré Suda lui-même, No More Heroes se compose donc de deux phases de gameplay. En mission, ce qui constitue le cœur du jeu semble-t-il, on se retrouve avec un beat them all façon God of War, Devil May Cry et consort. Travis, seul face à des vagues d’ennemis, enchaîne les combos et les coups spéciaux pour vider les niveaux. Les détecteurs de mouvements de la Wiimote sont pour beaucoup dans la maniabilité comme on pouvait s’en douter. Avant de commencer une attaque, on peut orienter la manette vers le haut ou vers le bas pour modifier la position du sabre qui détermine quel enchaînement suivra. Les coups se déclenchent en appuyant sur le bouton A, puis, selon le déroulement des affrontements, différents mouvements de la Wiimote et du Nunchuck sont à effectuer. A chaque fois, des indications apparaissent en gros au milieu de l’écran, expliquant par exemple qu’il faut faire tournoyer la Wiimote, la secouer, ou encore faire de grands mouvements horizontaux ou verticaux pour déclencher les coups les plus puissants ou les prises de catch. Tout cela s’enchaîne à un rythme très élevé et les occasions d’enjoliver chaque mouvement d’une petite choré perso dans votre salon sont légion. Le style tape à l’oeil et la dégaine délurée de Travis ne manqueront pas de vous inspirer.


Suda 51 en pleine action !

 

Le côté intrinsèquement old school du beat them all est renforcé par l’habillage rétro gaming de l’interface et de la plupart des effets visuels. Vous le savez peut-être déjà mais No More Heroes existe dans deux versions : une pour les plus de 16 ans et une pour les plus de 18 ans. Nous autres Européens, à l’instar des Japonais, jouirons de la version pour mineurs, délestée des centaines de litres de sang qui viendront colorer la version US. En lieu et place de l’hémoglobine et des démembrements (naturels quand on soumet un corps au contact d’un sabre laser) la mort des ennemis est remplacée par une effusion de pixels noirs.  Cet effet, qui ménage l’esprit innocent des plus jeunes d’entre nous, se marie finalement plutôt bien avec l’habillage façon jeu d’arcade du début des années 80 de No More Heroes. Les geeks les plus extrêmes vont évidemment râler, mais ils n’auront qu’à se jeter sur la version US pour compléter leur collection de jeux encore sous plastique. Pour les joueurs, ceux qui ouvrent les boîtes, on vous rassure : ça passe très bien.

Au-delà du gameplay

Suda a effectué devant nous l’intégralité de la première mission qui fait office de didacticiel et qui est donc relativement courte quand, comme Suda, on saute la phase d’apprentissage. Evidemment quand on joue à son propre jeu c’est tout de suite plus facile. Il a ensuite poursuivit avec une démonstration de la seconde phase de gameplay : le jeu en ville. Entre les missions, on se retrouve donc avec une sorte de GTA-like dans les grandes lignes. Il est possible de se déplacer librement dans Santa Destroy. On n’oubliera pas d’aller faire un tour dans l’appartement de Travis. Toujours dans l’esprit geek qui hante No More Heroes, il est possible de collectionner des objets pour décorer l’appartement ou des vêtements pour habiller notre anti-héro. L’appartement permet également de sauvegarder la partie… en se rendant aux toilettes. Hors de chez lui, Travis conduit une incroyable moto dont le maniement apparaît comme plus pratique qu’intéressant. On n’a pas eu la manette entre les mains, mais les virages secs à 90° ont semblé très loin du fun que procure la conduite dans GTA. Mais il est donc possible de se déplacer librement dans la ville pour accomplir différentes tâches rémunérées, comme la collecte de noix de coco par exemple. C’est un peu étrange dit comme ça, mais dans l’ambiance complètement barrée de Santa Destroy, on vous jure que ça se tient.


C’est sans doute là toute la force de No More Heroes. Sans avoir la Wiimote en main, le jeu de Grasshopper parvient à séduire par son ambiance très travaillée mais complètement décalée. Les quelques personnages que nous avons vus sont très charismatiques (le jeu sera d’ailleurs en anglais sous-titré), le scénario est intéressant, l’approche graphique est très réussie et la réalisation globale fourmille de détails accrocheurs. Le soft n’aura sans doute pas le meilleur gameplay de l’année, mais Suda a su lui donner une personnalité, une âme. On croise les doigts pour que la maniabilité (ou on ne sait quelle mauvaise surprise) ne vienne pas gâcher la fête, car No More Heroes s’annonce comme une œuvre particulièrement savoureuse qu’on dégustera chez nous le 29 février.

        

 

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